De plus en de restaurateurs à domicile

Depuis le 13 mars, les restaurants sont fermés. Mais certains « contournent » cette interdiction en proposant un service traiteur à emporter, toujours autorisé lui. Plusieurs restaurants ont opté pour cette formule récemment, alors que les mesures de confinement ont été prolongées.

Rester coincé chez soi n’est pas gai. Certains ont profité de ce confinement forcé pour se mettre à la cuisine – on ne compte plus les apprentis boulangers sur les réseaux sociaux – mais au bout de plusieurs semaines, l’envie est Capture d’écran 2020-04-18 à 08.38.48.pnggrande de commander à emporter. Au départ, seuls quelques restaurants proposaient cette possibilité, voire livraient carrément à domicile. Mais, de plus en plus, franchissent le pas, poussés par le besoin de pouvoir payer les factures.

C’est par exemple le cas de plusieurs restaurateurs de la région verviétoise : Le Clos de la Reine (Spa), le Bistro d’Ethan (Aubel) et Les Fines Gueules (Herve).

Depuis le début du mois d’avril, Jérémy Finck, aux commandes du Clos de la Reine, à Spa, propose cette formule même s’il n’est pas directement aux fourneaux, étant embêté par des ennuis de santé. « Ma mère est en cuisine et mon père s’occupe des livraisons », glisse-t-il. « J’ai finalement opté pour cette option car nous sommes une jeune entreprise, ouverte depuis seulement 5 ans, et nous avons des prêts à rembourser. Jusqu’à présent, ça allait mais sans revenu, ça devient plus difficile. »

Fabrice Van Genechten (Le Bistro d’Ethan) avait lui commencé au début du confinement, histoire de vider ses stocks, puis avait arrêté pour finalement reprendre depuis 3 semaines. « Je n’avais pas le choix. Je n’ai pas accès aux primes et j’ai des factures à payer. »

TROUVER SON STYLE

S’ils ne se sont pas lancés (ou poursuivi) au départ, c’était par peur de proposer des plats qui ne collent pas à leur style. « J’avais peur que des plats à réchauffer me soient préjudiciables », raconte Jeremy Finck. « Il faut qu’on retrouve l’esprit du resto dans l’assiette. Ça n’a pas de sens de proposer quelque chose qui ne vous correspond pas », assure Paul Knott (Les Fines Gueules) qui débutera son service traiteur fin de la semaine prochaine. « Mais on a déjà des gens qui nous téléphonent pour passer commande alors qu’on n’a pas encore annoncé le menu », rigole-t-il.

Une preuve que cette formule répond à une demande des clients. « Les gens ont envie de revivre et ils prennent ce qu’on leur offre », juge Paul Knott. Jérémy Finck et Fabrice Van Genechten sont eux surpris du succès rencontré. « Je savais que j’aurais des demandes, mais pas autant », s’étonne le chef du Bistro d’Ethan qui tourne à 60 repas par jour ! « Ça a pris une belle ampleur. » « On est en rupture de stock tous les week-ends. Ça match bien. Les gens ont envie de manger des choses différentes du supermarché », appuie Jeremy Finck.

Malgré tout, les trois restaurateurs ont dû s’adapter, notamment sur ce qu’ils proposent, en raison des ruptures de stocks chez les fournisseurs. « Pour mon écailler, je galère à trouver les produits », souffle le patron du Clos de la Reine. « On doit un peu chercher pour les plats, ce n’est pas évident », ajoute Paul Knott qui pourrait malgré tout proposer ses plats signatures bientôt si la demande est là. Sans parler de l’organisation de travail. « Je prépare mes plats mercredi et jeudi pour livrer les autres jours », explique Fabrice Van Genechten. « On a réorganisé le resto pour permettre la distanciation sociale. On n’est pas dans l’éphémère », conclut Paul Knott. 

JULIEN DENOËL dans LA MEUSE VERVIERS du 18 avril 2020.

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