« Ici à Saly, on est livré à notre triste sort... »

Jamais, en mettant le cap le 8 mars dernier sur Saly, une cité balnéaire située au sud de Dakar, Collette Magermans n’aurait imaginé qu’elle se trouverait trois semaines plus tard dans un désarroi aussi total. C’est que si le soleil, la plage et les piscines turquoises font partie du décor de la Résidence de « La Mangrove », cette Aubeloise venue passer un mois de repos dans l’une des villas dont son amie Arlette est propriétaire ne sait plus à quel saint se vouer pour rentrer au pays.
« Mon vol retour était prévu le 7 avril mais Brussel Airlines m’a envoyé un e-mail pour me signaler qu’il n’y avait plus aucun vol pour Bruxelles mais que mon billet restait valable durant douze mois. C’est très bien, mais ce que je veux, c’est trouver rapidement une solution pour rentrer en Belgique... »

« seule sur mon île »
Depuis une dizaine de jours, faute de pouvoir s’y rendre puisque le Sénégal vit lui aussi en mode confinement, Colette Magermans a un contact quotidien avec l’Ambassade belge à Dakar. « Je tombe à chaque fois sur un monsieur très poli, mais qui ne sait rien dire. On tourne en rond. Quand une solution sera-t-elle trouvée? Si c’est même le 25 ou le 30 avril, qu’on me le dise ! Mais qu’on ne me laisse pas seule sur mon île, sans réponse... »
L’Aubeloise n’est pas la seule touriste belge coincée à Saly, loin s’en faut, en attente d’un rapatriement. « Nos voisins, un couple de Néerlandophones, viennent de recevoir un e-mail de l’Ambassade leur signalant qu’ils pourraient reprendre vendredi un avion à destination de Cologne. Moi, j’attends toujours. Je n’ai pas reçu ce message. Je n’ai d’ailleurs rien reçu du tout. On ne peut pas dire qu’on se préoccupe beaucoup de notre sort ».
Désireuse de mettre fin à cette aventure, Colette Magermans a donc activé une autre piste. Elle a pris contact avec Pierre-Yves Jeholet, « pour qu’il intercède auprès du ministre des Affaires étrangères. En espérant recevoir une réponse concrète... » Parce que dans sa situation, c’est cela qu’elle souhaite plus que tout: être enfin fixée sur son sort. « Ayant la chance d’être hébergée dans la maison d’une amie, il n’y a aucune chance que je me retrouve à la rue », dit-elle. « C’est déjà cela de pris. Mais être ainsi bloquée est traumatisant. D’autant qu’apparemment, il n’y aurait que douze respirateurs au Sénégal, tous à Dakar, et rien à Saly à part un service d’urgence. J’ai vraiment peur qu’il arrive quelque chose... »
DIDIER SCHYNS dans LA MEUSE VERVIERS du 3 avril 2020

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