Un nouveau système de garde de médecins

Le 1733, déjà utilisé les week-ends, pourra être composé également en semaine durant les soirées. Dans la région verviétoise, le manque de médecins se fait cruellement sentir. En semaine, durant la nuit, il est presque impossible de consulter un médecin généraliste dans certaines communes. Une situation que veut résoudre l’association des médecins généraliste de l’est de la Belgique. Elle veut mettre en place un système de garde en semaine, comme cela se fait durant le week-end. Pour cela, ils ont besoin d’argent et les communes rechignent à leur en donner.
Pour les médecins généralistes, assurer la continuité des soins la nuit dans chaque commune est une obligation légale. Or dans certaines communes de la région, celle-ci n’est pas assurée. En général, les médecins de la commune s’arrangent entre eux s’ils veulent passer une soirée tranquille. Or, dans certaines communes, il n’y a que deux médecins généralistes. Un soir sur deux, ils doivent donc assurer cette garde la nuit. Une situation intenable que l’AGEF, l’association des médecins généralistes de l’est francophone de Belgique, compte bien résoudre dès 2020.
L’AGEF veut en effet lancer un système de garde similaire à celui qu’elle a déjà mis en place le week-end. Il suffira de sonner au 1733, un standardiste prendra l’appel, qui redirigera vers un médecin généraliste. À lui de recevoir le patient ou d’aller jusqu’à lui suivant sa mobilité.

DEMANDE AUX COMMUNES
Pour cela, l’AGEF a besoin d’argent.

L’INAMI et le gouvernement fédéral ne souhaitant pas dans l’immédiat participer à ce financement, l’association se tourne vers les communes concernées. L’AGEF leur demanderait 1 € par commune par habitant. « Une somme que nous sommes même prêts à diminuer », signale Michel Meuris, le président. Les négociations sont complexes car toutes les communes doivent se mettre d’accord. Il ne faudrait pas qu’une commune décide de ne pas payer et profite du système. Les premiers retours sont encourageants même si certaines ne semblent pas intéressées par la démarche. C’est le cas d’Aubel. Lorsqu’on lui a demandé s’il était prêt à débourser 4.000 €, le bourgmestre Freddy Lejeune, aurait répondu : « Désolé, mais si on doit donner pour tout, on ne s’en sort plus. » Une réponse qui a un peu déboulé les médecins de l’AGEF. « 4.000 € ce n’est rien. Et puis on a envie de lui répondre que pour continuer à récolter des voix, il est intéressant d’avoir des électeurs en bonne santé », nous signale un membre de l’association. Du fait que la santé est une compétence fédérale, les communes bottent en touche et demandent à l’association de se tourner vers ce niveau de pouvoir.

En ce moment, le président de l’AGEF négocie avec l’INAMI afin de recevoir une aide. « On a envoyé un courrier, la réponse officieuse qui nous est revenue est encourageante. On a aussi Malik Ben Achour qui va interpeller la ministre au niveau fédéral. Je dirais que les choses se débloquent petit à petit », conclut le médecin.

D’un article d’ADRIEN RENKIN à lire dans LA MEUSE VERVIERS du 10 octobre 2019

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