JEAN QUI PLEURE ! JEAN QUI RIT !

Petits, nous chantions cette ritournelle surtout en cours de récréation et avions pour intention de nous moquer du petit Jean qui rit, et qui subitement passait d’un état de tristesse à un état de fou rire et cela pour différentes raisons notamment à cause du fait insécurisant.  Il arrivait que certains petits copains ou copines s’approchaient du garçon ou de la fille en pleurs porteurs de bonnes ou moins bonnes intentions.  Vous avez certainement connu pareille situation dans vos scolarités maternelles ou primaires.  

Le 06 juin, lors des célébrations du 75ème anniversaire du débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie, vous avez pu voir sur votre écran TV ce passage émouvant où ce soldat américain, ayant participé à notre libération s’était épris d’amour pour une jeune française, à l’époque.  Il est retourné en Amérique, elle est restée en France.  Ce même soldat, mais cette fois âgé de 73 ans, a eu pour projet de regagner la Normandie avec l’espoir de retrouver celle avec qui il avait noué une amitié profonde.  C’est ce qui s’est passé le 06 juin dernier quand la RTBF nous a permis d’admirer cette rencontre tant attendue entre ami et amie.  Que c’était beau !  A tel point que nous avons vu la speakerine essuyer les quelques larmes qui dégoulinaient de ses joues et présenter ses excuses aux téléspectateurs et téléspectatrices.  Nous sommes quasi certains que beaucoup de mamans auront réagi de la même manière.  Ce sont 2 faits bien significatifs qui illustreront les propos qui vont suivre.  

Dès avant la naissance, tout être humain ressent des émotions qui s’expriment de différentes manières et pour différentes raisons.  Ces différents ressentis s’étalent sur toute une vie.  Certaines émotions sont à orientation négative (décès d’un être cher) ou positive (le jour de l’obtention du diplôme de fin d’études).

Très souvent, les émotions déclenchent chez le bébé, chez l’enfant, chez l’adolescent (‘e), chez l’adulte, un état de déséquilibre qui entraîne la mise en œuvre d’une série de mécanismes interactifs tant physiques que psychiques.

Nous croyons qu’il est important, dans ce contexte, de révéler :

Que chaque être humain a en lui un dispositif qui fait qu’il ressent des émotions peu importe son âge.

Que ces émotions habitent chaque être humain, latentes ou actives.

Le plus souvent, il faut un événement intérieur ou extérieur qui déclenchera ce dispositif émotionnel.

Cet événement déclenchera ou ne déclenchera pas une ou des émotions positives ou moins positives.

Les réactions émotionnelles ne s’expriment pas avec la même intensité chez les êtres humains.  C’est à ce niveau que nous pouvons constater une différence entre les êtres humains.

Les émotions sont dynamiques, elles progressent ou régressent en quantité, en qualité.  Ce n’est guère une stabilité garantie.

Ce qui est important :

- C’est que l’être humain, en grandissant, reste positif devant les émotions, qu’il prenne conscience que c’est une manifestation intérieure ou extérieure qui accompagne toute vie humaine.
- C’est que l’être humain se constitue progressivement un CAPITAL EMOTIONNEL et les contextes qui l’ont engendré.  (dans quelles circonstances est-ce que je pleure ? Que je ris ? Que je manifeste ma colère ?  Que je frappe ? )
- LE RESULTAT FINAL que l’être humain devrait atteindre c’est :

LE SAVOIR GERER SES EMOTIONS.  CE RESULTAT NE SERA PAS ATTEINT AU MEME MOMENT POUR TOUS ET TOUTES.  IL EN EST DE MEME POUR L’INTENSITE DES EMOTIONS.

POURQUOI SAVOIR GERER SES EMOTIONS 

- Pour se construire une vie épanouissante
- Pour que cette gestion m’aide à MIEUX ME CONNAÎTRE et à MIEUX CONNAÎTRE LES AUTRES.
- Pour que cette gestion de mes émotions m’aide à être un bon citoyen qui, par l’expression de ses émotions dans différents contextes, rend service, participe à la vie de la communauté et les exprime là où il vit.

 

S’il y a UN TROP EMOTIONNEL, il se pourrait que l’être humain et notamment l’enfant ne soit pas capable d’intégrer quoi que ce soit. Déposé ce surplus en le manifestant lui permet de libérer un espace psychologique qui lui permettra de mieux se concentrer pour le reste à intégrer.

Ne dit-on pas : « UN ENFANT BIEN DANS SES BASKETS INTEGRE MIEUX CE QUI LUI EST ENSEIGNE ».

C’est cette phrase qui va nous permettre de rejoindre l’école et de transférer ce qui vient d’être écrit dans les domaines de L’EDUCATION et de L’INSTRUCTION.

L’ENFANT    SES EMOTIONS et SA CAPACITE D’APPRENDRE A L’ECOLE FONDAMENTALE.

L’enseignant(e), l’équipe éducative seront attentifs à CHAQUE ENFANT et plus  particulièrement lorsque  l’enfant vit dans  un contexte éducatif difficile.
CHAQUE ENFANT A SA PROPRE HISTOIRE, UNE  HISTOIRE  UNIQUE , DIFFERENTE DE CELLE(s) DES AUTRES( pas le  même milieu familial, pas la  même éducation, pas le  même type de famille , pas les mêmes exigences de la  part des  parents) ce sont des données qui peuvent  éclairer les situations difficiles.
CE QUI ME  PARAIT ESSENTIEL  et INDISPENSABLE, C’EST DE CONSTRUIRE, EN ECOLE, UN PROJET DE TYPE « EMOTIONNEL ».Ce  projet devrait se  vivre  EN ECOLE pour développer des attitudes positives communes  tant au niveau des élèves que des enseignants et des équipes éducatives, la direction étant comprise dans  l’équipe.
Ce  projet « EMOTIONNEL » devrait être une espèce de charte qui invite les  enseignants  à donner UNE PLACE à tout ce champ émotionnel qui habite CHAQUE ELEVE qui APPREND,  qui SE CONSTRUIT.
La reconnaissance de l’émotion chez  l’enfant, peu importe son âge, est un  DONNE qu’une ECOLE ENTIERE ne  peut IGNORER.
Dans  la réalité, dans son quotidien, l’enseignant(e) est préoccupé(e) de faire apprendre  à ses élèves le savoir lire, le savoir écrire, le savoir  calculer, le savoir  écouter que  l’on appelle les FONDAMENTAUX.
En fin d’école  primaire, un examen appelé le CEB  vérifie les acquis fondamentaux chez chaque  élève, examen qui mobilise les énergies des enseignants et des élèves pendant  un certain temps.
MAIS IL FAUT SAVOIR que cet examen de fin de  6° primaire ne doit  mesurer que ces savoir lire, savoir  écrire, savoir  calculer, savoir écouter. Or, l’élève n’est pas seulement qu’un capital connaissances mais il possède également , des composantes autres mais qui font  partie de lui-même : le sens de  l’effort, l’attitude devant  la  difficulté, sa résistance  intellectuelle, ses loisirs, son organisation du temps, sa méthode de travail, …ce capital n’est pas mesuré mais a une  grande  influence sur  la réussite.
L’école  a pour mission de faire en sorte que chaque élève qui quitte l’école  primaire non seulement avec une tête  bien pleine mais surtout avec une tête bien faite. Pour que cette tête soit  bien faite, l’école doit être attentive, depuis  l’école  maternelle, à »cette autre chose » qu’on ne  mesure  pas

c’està dire tout  l’aspect PSYCHOLOGIQUE TOUT AUSSI IMPORTANT que les exigences du CEB.

 

Deux grands auteurs  pédagogiques (Jean Piaget et Léon Bloom) ont écrit cette phrase qu’il ne  faudra  jamais  oublier : » POUR QUE L’ENFANT APPRENNE IL DOIT D’ABORD ETRE BIEN DANS SA  PEAU ».

TRAVAILLER SUR  LES EMOTIONS DE L’ENFANT C’EST LE RENDRE CAPABLE D’APPRENDRE. Ne  pas  le faire, c’est risquer de mettre un FREIN à ses APPRENTISSAGES. Est-ce à cela que  l’école doit servir aujourd’hui ?

Le système d’enseignement  en Wallonie- Bruxelles  et ailleurs fait que  les enseignants sont  prisonniers, le  plus souvent, de leurs programmes et pratiquer autre chose que ces derniers provoque un mal-être chez eux.

Dans  la  pratique, il me  paraît  intéressant d’avoir, durant  chaque journée de  classe, des moments , des lieux où l’élève peut prendre « conscience » , avec l’aide  de  l’enseignant(e)qu’il EST EMOTION et qu’il A des EMOTIONS qu’il peut  exprimer.

L’idée d’écrire ce texte sur  les  émotions , incomplet, m’est venue  à partir d’un projet réalisé en 3° maternelle à l’école  libre catholique d’Aubel, projet qui s’est terminé  par une exposition que tous  les  élèves de  l’école  ont  pu visiter avec une aide pour aider à la compréhension.

Félicitations aux enfants participants  et aux enseignantes concernées « D’AVOIR OSE QUITTER LES CHANTIERS  BATTUS.

Bonnes vacances aux élèves, aux enseignants, aux directions en juillet. Vivez le  plus souvent,  durant ces deux mois, le  plus d’émotions  positives.

Aux élèves qui n’ont  pas  obtenu le CEB, ne vous tracassez pas, vous entrerez en humanités secondaires, en classe différenciée, et vous  pourrez repasser votre CEB en juin 2020.

Aux élèves qui doivent prendre  une  partie de leurs vacances pour étudier en vue d’une  seconde session, interrogez-vous sur  le  pourquoi de votre seconde session, j’ai une  2° session parce que ………………………………………………………………………… ….

Je prends des décisions pour ne  pas  recommencer l’année scolaire prochaine. Courage et espoir de réussite.

 

                                                                             P.Bour

                                                                        27 juin 2019.

Les commentaires sont fermés.