Repeupler les vergers

Des milliers de fruitiers plantés, mais guère assez

Pays de Herve rose et blanc lors de la floraison des fruitiers, c’est un peu comme la Belgique de papa : on ne nous rendra pas le Congo… Pour autant, certains s’escriment à en replanter par centaines. Mais, d’autres sont coupés ou meurent. Le point…

Le bocage se repeuple-t-il ? La plu- part des intervenants pensent qu’on en a récemment planté da- vantage qu’on n’en a coupé. Mais tous s’accordent : il n’y a pas d’explosion. « La tendance est positive », jauge Jean-Philippe Demonty, secrétaire de la régionale Natagora Pays de Herve, qui, samedi, a replanté elle-même 20 hautes tiges dans la réserve naturelle de Val-Dieu et qui fera la rebelote dans celle de La Gueule, à Sippenaeken, samedi. Il souligne cependant qu’il faudra attendre 15-20 ans pour qu’ils jouent pleinement leur rôle en tant que puits de carbone et refuges pour insectes, dans les anfractuosités des troncs. Aux Pépinières de la Vesdre, à Pe- pinster, on constate que les ventes d’arbres visent surtout les mi- et basses tiges, chez les particuliers. Comme la taille des parcelles à bâtir diminue, le haute tige est moins prisé. André Meurens, à Aubel, constate que pour celui-ci, on frise le statu quo. Le plus gros fournisseur, dans la région, c’est la pépinière Droeven, à Louveigné (Sprimont), qui cultive des frui- tiers sur une dizaine d’hectares. « On a vendu environ 12.000 hautes tiges en une dizaine d’années. La dernière livraison, c’était pour une vente groupée d’Agra-Ost, à Val-Dieu: 584 arbres », explique Frédéric Droeven. Depuis 2011, Agra-Ost en a revendu 2.791. En outre, la pépinière Droeven produit environ 4.000 mi-tiges l’an pour l’ensemble de ses clients. Une chose est sûre, souligne Frédéric Droeven : le nombre de variétés anciennes réimplantées croît. Son catalogue s’enrichit de 8 à 15 références l’an. Très tendance : le particulier qui veut retrouver le goût des fruits de son enfance. Ainsi, beaucoup apportent des rameaux d’un vieil arbre, à greffer.

EN CLÔTURE, C’EST « IN »

Et les fermiers ? Certains plantent, souvent en se bornant à leur consommation personnelle et aux limites des prairies, pour procurer de l’ombre au bétail, sans gêner le passage de machines toujours plus imposantes, observe Jean-Philippe Demonty. De plus, « un moment d’inattention et cinq ou six arbres peuvent être abîmés quand on passe avec le pulvérisateur", souligne Frédéric Droeven.

D'un article d'YVES BASTIN à lire dans LA MEUSE VERVIERS du 8 décembre 2015.

 

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