La biométhanisation, c’est non !

INNOVATION AGRICOLE 

Capture d’écran 2015-02-24 à 09.20.57.png 

Permis refusé pour la centrale de biométhanisation de l’Aubelois Jean-Marie Ernst 

YSALINE FETTWEIS a complété dans LA MEUSE VERVIERS du 24 février l'information donnée sur ce blog le 20 février.

Seulement deux lettres de réclamation durant l’enquête publique. Cela aurait dû être un bon signe pour la suite du projet de centrale de biométhanisation au sein de l’exploitation agricole de Jean-Marie Ernst, à Aubel. Mais la Région wallonne et la commune en ont décidé autrement. Aubel a suivi l’avis défavorable de la Région wallonne et refuse le permis pour ce projet qui s’annonçait unique en Wallonie, et qui proposait de produire de l’électricité à partir des excréments des animaux de la ferme.

Capture d’écran 2015-02-24 à 09.21.21.pngAu choix, Jean-Marie Ernst est « déçu, fou furieux, dégoûté ». L’agriculteur aubelois croyait pourtant en son projet de récupération des déjections de ses 600 bêtes et 25.000 poulettes pour les transformer en énergie. Un projet novateur de centrale de biométhanisation, unique dans la région, qui vient d’être refusé par la commune, un peu plus de trois mois après le dépôt de la demande de permis. « Nous n’avons fait que suivre les avis qui nous ont été donnés, indique Jean-Claude Meurens, bourgmestre d’Aubel à propos de la réponse négative pour le permis unique. Une dizaine d’avis étaient sollicités, mais deux avis, celui de la division des eaux souterraines et de l’urbanisme à Liège, étaient clairement défavorables. Nous ne pouvions les ignorer. Les autres avis étaient eux aussi sous conditions. »

Pour cet éleveur installé à Helleströp, sur le territoire d’Aubel, c’est la douche froide. « J’en ai marre de travailler à Aubel, lâche- t-il. J’en ai marre de travailler tout court. On me refuse tout. Déjà la construction de mon poulailler industriel en 2010 et puis ici... J’abandonne ! »

TROP COMPLIQUÉ DE MODIFIER

Même s’il va tout de même se laisser le temps de réfléchir, sa décision semble prise : il ne va pas perdre son temps à modifier son projet pour réintroduire une nouvelle demande. « Je ne sais même pas ce que je devrais modifier pour que ça passe, soupire Jean-Marie Ernst. Ils me disent que le hangar à construire est trop haut, trop grand, mais ils ne disent pas quelles proportions seraient acceptées. Le biogaz leur fait peur, sans justification. Je crois aussi que les deux lettres de réclamation du voisinage ont pesé gros. »

Ce sont donc deux années de réflexion et d’étude qui volent à la poubelle alors que le projet se voulait résolument vert. Dépité, l’agriculteur qui peste sur Aubel n’a d’autre choix que de conti- nuer son activité là où elle se trouve, même si ce sera avec une certaine rancœur. C’est en effet à cause de ses factures d’énergie très élevées qu’il avait mis sur pied le projet avec le bu- reau d’architectes DLV de Louvain-la-Neuve. « Ça va me coûter de plus en plus cher, mais, je n’ai pas le choix vu que chaque fois que je propose quelque chose d’entreprenant à Aubel, on m’en empêche ».

Note: Les projets de M. Ernst n'ont pas eu plus de succès du côté fouronnais

Commentaires

  • Pour information, étant un des 2 auteurs des lettres de "réclamations", nous tenons à préciser que nous n'étions nullement contre le projet pour autant que la centrale ne serve qu'aux déjections du fermier afin de ne pas encore amener du charroi supplémentaire sur la petite route sinueuse. C'est ce que précisait cette lettre tout en se préoccupant des eaux sales issues des silos. De là à dire que nous sommes responsables du refus du projet...

Les commentaires sont fermés.