Hody et Toussaint tueurs à gages ?

7ème JOUR A LA COUR D’ASSISES 

Les parties civiles ont plaidé mardi devant la cour d’as- sises de Liège la thèse de l’assassinat 

Hody.jpgde Manuel Maroquin à charge des quatre auteurs Yves Hody (Jalhay), François Toussaint (Welkenraedt), Olivier Pagnier et Hugues Dewit. Les avocats ont écarté toutes les autres thèses présentées depuis l’ouverture du procès. Il ne s’agissait donc pas d’un contrat de protection qui aurait mal tourné mais d’un projet d’exécution bien négocié de manière antérieure. Me Jean-Pol Reynders a rappelé que les faits se sont déroulés dans le cadre de la reprise d’un chantier dont le démantèlement devait se montrer lucratif. « Hody voulait conserver la mainmise sur la poule aux œufs d’or. Le chantier avait déjà généré un chiffre d’affaires d’un million d’euros. Il a voulu prendre des mesures d’urgence importantes et a décidé d’engager François Toussaint. Mais aucune menace n’avait encore été proférée. Il ne s’agissait donc pas d’un contrat de protection négocié quatre jours avant les faits. Hody a remis 15.000 euros à Toussaint pour éliminer Manuel Maroquin, celui qui bloquait son chantier », a soutenu Me Reynders.

Le ministère public a relevé que Hody et Toussaint ont pris la précaution de ne pas laisser de traces de communication avant les faits. Yves Hody s’est constitué des alibis durant les périodes où son équipe était susceptible de passer à l’action. Pour l’avocat général, François Toussaint (48 ans) était le maître d’un contrat d’exécution. Il aurait même tendu un guet-apens à Manuel Maroquin.
« Manuel Maroquin a été abattu de deux balles dans la tête, dont la pre
mière derrière l’oreille. Toussaint n’est pas là pour l’entendre mais j’aurais aimé pouvoir lui dire le caractère crapuleux de son geste. Il a fait preuve de détermination pour abattre sa cible. Les deux tirs ont été effectués en moins d’une seconde. Les auteurs étaient en service commandé. Ce sont des tueurs à gages qui ont été payés pour cela ! », a affirmé l’avocat général.

Du côté de la défense, on s’est appuyé sur des éléments du dossier pour confirmer la menace qui pesait sur le Jalhaytois. « Il était mort de trouille face à la menace de Maroquin et après avoir constaté qu’il rôdait autour de chez lui. La situation lui a totalement échappé lorsque Toussaint, qui était initialement chargé d’assurer sa protection, a décidé de prendre les choses en mains et de passer à l’action », a indiqué Me Montiel. Ses avocats ont plaidé son acquittement.

("La Meuse - Verviers" du 22 janvier 2013 - avec BELGA). 

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