« Maxime veut voir les assassins de son papa »

4ème JOUR A LA COUR D’ASSISES DE LIEGE 

Soutenu par sa maman, Maxime, âgé de 13 ans, a voulu assister au procès

Maxime.jpgMaxime, le fils de Manuel Maroquin âgé de 13 ans, a tenu à assister au procès où l’on juge ceux qui sont accusés du meurtre de son père. Sa maman, Joëlle Rahier, espère que cela l’aidera à faire son deuil, lui qui a assisté à une partie de la scène, voici neuf ans. « Je vais assurer. Je garderai la tête haute et je ne baisserai pas les yeux », déclare, avec assurance, le jeune adolescent.

Jusqu’ici, Joëlle Rahier, la veuve de Manuel Maroquin, et son fils de 13 ans, Maxime, ont plutôt joué la carte de la discrétion dans le cadre de la cour d’assises qui doit juger Toussaint, Pa- gnier, Dewit et Hody pour l’assassinat de Manuel Maroquin. Après avoir été entendue mercredi, Joëlle sort du bois pour expliquer ses douleurs, sa vérité et son quotidien depuis cette terrible nuit du 7 au 8 mars 2005 durant laquelle son mari a été abattu de deux balles dans la tête devant son domicile, à Xhendremael (Ans).

« IL A INSISTÉ POUR VENIR »
« Demain 
(NDLR: lisez ce vendredi), Maxime sera présent au procès », explique Joëlle Rahier. « Ce n’est pas vraiment la place d’un enfant de 13 ans mais il a insisté pour venir. Max veut absolument regarder, dans les yeux, les assassins de son papa. Mon avocat a effectué une demande au président, qui l’a acceptée. C’est important pour un gamin qui n’a pas encore fait son deuil. Il ne comprend pas que ceux qui ont tué son père soient libres même s’ils sont passés quelques mois par la case « prison».»

Lorsqu’on lui demande s’il se sent prêt pour ce moment important, Maxime répond, timidement : « Oui, ça va aller, je vais assurer. Je garderai la tête haute et je ne baisserai pas les yeux ! ».

UN FILS PERTURBÉ

Cela fait presque neuf années que Joëlle Rahier a dû réorganiser sa vie suite au décès de son mari. Elle fait tout ce qu’elle peut pour que Max ne manque de rien.

« C’est vrai que je le gâte, je veux qu’il ne manque de rien, même si je sais que les cadeaux et les belles choses ne combleront jamais le départ de son papa. Il avait 4 ans lorsque son papa a été tué, il a vu une partie de la scène et il ne s’en est jamais remis. Max est suivi de très près par un pédopsychiatre. Il a de grosses difficultés à se concentrer et, parfois, il lui arrive de s’infliger des blessures. À l’école, il se débrouille... ». «Même si je n’avais que 4 ans à l’époque des faits, je conserve des images de mon papa. C’est important pour moi », confirme l’adolescent. 

DES CONFIDENCES DOULOUREUSES

Ensuite Joëlle Rahier aborde un sujet très délicat. La lettre dans laquelle elle explique que Manu lui avait confié être celui qui, le 9 août 2004, avait abattu Serge Pierrin, le tueur à gages de la mouvance Habran. Officiellement et d’un point de vue judiciaire, Manuel Maroquin ne sera jamais le tueur puisqu’il n’a jamais été inquiété pour ces faits.

"Je suis présentée comme celle qui a balancé son mari lors du procès Habran & Co. Je suis une pestiférée. Mais les choses ne sont pas si simples que cela. J’ai vécu trois ans avec ce poids sur ma conscience. Si je n’avais pas agi, le meilleur ami de Manu aurait peut-être pris 20 ans de prison pour l’assassinat de Pierrin. Il a une femme et des enfants, je ne pouvais pas l’envoyer en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Je peux me regarder dans le miroir lorsque je me lève le matin. J’ai respecté la mémoire de Manu car il n’aurait pas aimé qu’un autre, qui plus est un ami, paie pour lui. Voilà pourquoi j’ai agi comme ça. C’était difficile. Je culpabilise, j’ai tellement mal...".

Arnaud BISSCHOP dans "La Meuse Verviers" du 17 janvier 2014

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