Deux cerveaux et deux sbires

3ème JOUR AUX ASSISES DE LIÈGE

Les psys entendus lors du procès d’assises de François Toussaint, Yves Hody et consorts 

Troisième journée du procès qui a pour origine la mort de Manuel Maroquin, aux assises de Liège. Place à l’analyse psychologique des 4 accusés, dont le Jalhaytois Yves Hody et le Welkenraedtois François Toussaint. Les premiers témoins se sont aussi exprimés, dont l’épouse et les parents du défunt.

Les psychiatres et psychologues ont été entendus mercredi matin devant la cour d’assises de Hody.jpgLiège au procès d’Yves Hody (de Jalhay), François Toussaint (de Welkenraedt), Olivier Pagnier et Hugues Dewit, accusés de l’assassinat de Manuel Maroquin la nuit du 7 au 8 mars 2005 à Xhendremael (Liège). Selon ces experts, trois des accusés ont tendance à se déresponsabiliser des faits. Sur les 4 accusés, seul François Toussaint, absent des débats, a reconnu sa responsabilité dans les faits. Les trois autres accusés ont tendance à se déresponsabiliser.

Le psychiatre Walter Denys et le psychologue Serge Garcet ont analysé les personnalités des quatre accusés. Pour le Jalhaytois Yves Hody, les experts ont relevé un caractère soupe au lait et de bonnes capacités intellectuelles. Il est un homme ambitieux, séducteur, manipulateur et capable de contourner les règles à son avantage. Il présente un talent de déresponsabilisation, un sens de l’opportunité et une dimension narcissique massive. Le Welkenraedtois François Toussaint a grandi au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) et présente selon les experts une attitude posée et séductrice. Il a découvert les arts martiaux à l’adolescence et a excellé dans cette discipline. François Toussaint, qui se fait appeler « le Commandant », sait se vendre et est capable d’esbroufe. Très actif dans les activités de gardiennage et de protection, il dit avoir été instructeur pour la police, pour l’armée, pour le FBI et pour différents services proches de dirigeants africains. Il présente une personnalité narcissique, un sens de la démonstration et des capacités de manipulation.

Les deux autres, dotés selon les experts d’une moins forte personnalité, s’attribuent des rôles très en retrait dans cette affaire.

L’ÉPOUSE NE PARLE PLUS DU PROCÈS HABRAN
Appelée également à la barre, l’épouse de Manuel Maroquin a refusé d’évoquer encore les révélations qu’elle avait effectuées dans le cadre du procès de Marcel Habran et consorts. Comme nous l’avions écrit en prélude du procès, lors du procès Habran, alors que son mari avait déjà été tué, elle l’avait désigné comme étant le tueur de Serge Pierrin. « Je n’ai rien à déclarer sur cela, vous vous trompez de procès. Je ne déclare rien là-dessus, on ne fait pas le procès de Manuel Maroquin », a-t-elle annoncé. Cet aspect sensible de la personnalité de la victime ne sera donc pas révélé aux jurés. Les parents de Manuel Maroquin, qui ont d’ailleurs déploré la lenteur de la procédure, se sont dit révolté d’avoir appris par la presse, et non par les enquêteurs, que leur 
belle-fille avait fait une déclaration à charge de leur fils dans le cadre du procès Habran et consorts.

Ils ont souligné que près de neuf années se sont écoulées depuis que leur fils a été exécuté
Selon l’épouse de Manuel Maroquin, celui-ci avait appris qu’un « contrat » avait été mis sur sa tête dans le cadre de ses activités de surveillance autour du terrain industriel d’Engis, certains considérant qu’il dérangeait. Mais Manuel Maroquin se confiait peu sur ses activités, même auprès de son épouse.

Le soir des faits, il avait tenté d’établir un contact avec Yves Hody et avait senti pointer la menace. Il avait repéré le passage d’Yves Hody et d’une autre voiture suspecte devant son domicile. « Il a préféré sortir mais, quand il a pris sa voiture, j’ai entendu les coups de feu. Je l’ai trouvé mort au volant. J’ai fermé ses yeux et j’ai pris son arme pour la cacher dans la maison", a-t-elle expliqué.

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