Yves Hody a fait appel à son équipe de protection

2ème jour à la COUR D’ASSISES DE LIÈGE

Un climat de menaces selon les enquêteurs

YHody.jpgLes enquêteurs ont retracé la genèse des faits qui ont mené au décès de Manuel Maroquin devant la Cour d’assises de Liège, ce mardi. Ils ont évoqué le climat de pressions et de menaces qui existait entre le Jalhaytois Yves Hody et la victime, Manuel Maroquin. La pression n’avait cessé de monter entre les deux hommes durant les heures qui ont précédé l’exécution du second, abattu de deux balles dans la tête alors qu’il quittait son domicile la nuit du 7 au 8 mars 2005 à Xhendremael (Liège).

Yves Hody, François Toussaint, Olivier Pagnier et Hugues Dewit sont accusés d’avoir commandi- té les faits ou d’avoir participé à l’exécution.

Les enquêteurs ont rappelé que le conflit entre Yves Hody et Manuel Maroquin est né dans le cadre de la reprise d’un terrain industriel à Engis. Manuel Maro- quin, qui était chargé d’interdire Yves Hody d’accès à ce terrain, tentait de le rencontrer. Mais le climat de pressions et de menaces était de plus en plus fort entre les deux hommes. Ainsi, la veille des faits, les policiers ont dénombré 22 tentatives d’appel de Manuel Maroquin vers le GSM d’Yves Hody. Manuel Maroquin a également déposé 15 messages vocaux et réalisé six appels avec succès envers Yves Hody.

La nuit des faits, vers 0h22, Manuel Maroquin se trouvait devant chez Yves Hody, qui a refusé de sortir. Stressé face à la menace de son adversaire, le Jalhaytois a fait appel à son équipe de protection pour qu’elle arrive sans tarder.

Vers 1h, Maroquin a encore contacté Hody, qui a ensuite quitté son domicile avec ses gardes du corps pour se rendre chez Maroquin. S’en sont suivis plusieurs appels indirects entre les deux hommes, jusqu’à ce que Manuel Maroquin contacte un ami pour lui signaler qu’il avait vu Yves Hody passer devant chez lui suivi d’une autre voiture. Pensant, à cet instant, que Hody allait se rendre sur le terrain industriel, Manuel Maroquin s’est décidé à quitter son domicile afin d’aller voir sur place. Il a été abattu vers 2h27 alors qu’il venait de prendre le volant de sa voiture.

Selon l’expert en balistique, Manuel Maroquin a été abattu de deux tirs concentrés qui ont tra- versé le crâne. Il s’agit d’un type de tir qui s’assimile à la technique du tir de combat. Ce double tir s’effectue en moins d’une seconde. Dans le cas de Manuel Maroquin, il a été effectué à courte distance et avec une arme de calibre 9 mm. Un autre expert de l’INCC a comparé cette arme à la banque de données nationale. La conclusion est qu’elle n’a pas été utilisée dans le cadre d’autres faits. 

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