Marchant, au bout de la souffrance

Ce vendredi, pour son 21 e anniversaire, Armand Marchant sait déjà ce que va lui offrir son entraîneur Raphaël Burtin. « Une bonne séance de ski ! » Pour l’instant, 707 jours après sa chute dans le géant d’Adelboden, en janvier 2017, qui lui avait fracassé le genou gauche, il n’y a de toute façon rien qui lui fasse plus plaisir. « On essaie constamment de le ralentir », s’amuse Thibaut Schnitzler, le kiné qui lui est entièrement dévoué depuis l’an dernier. « Si le dôme était ouvert 24 heures sur 24, il y serait la nuit ! »

Le « dôme », c’est celui de la piste indoor de Snow Valley, à Peer, dans le Limbourg, où Marchant et ses deux acolytes ont établi leur camp d’entraînement pour trois semaines depuis le 4 décembre dernier. Un stage qui en précède un autre, en janvier, où il rejoindra la montagne, la vraie, à Praz de Lys-Sommand, en Haute-Savoie. Des moments de pur bonheur qui lui permettent de retrouver ses sensations avec un peu plus d’intensité.

« Les séances de kiné et la rééducation, c’est bien, mais ici, j’ai l’impression de vraiment retrouver le métier », ajoute-t-il. « Je peux retailler dans les courbes (sic), me concentrer sur différents axes de travail. Et je sens que mon genou tient. »

SEPT OPÉRATIONS EN 20 MOIS Ce fameux genou qu’il a emmené sept fois sur la table d’opération du P r Peter Verdonck de l’AZMonica d’Anvers, à partir de janvier 2017, un mois à peine après avoir réussi l’exploit de terminer 18 e du slalom de Val-d’Isère et de devenir le premier skieur masculin belge de l’histoire à marquer des points en Coupe du monde, jusqu’à septembre 2018.

« Franchement », lance Schnitzler, « au départ, quand on a vu l’étendue des dégâts (NDLR : fracture du plateau tibial, déchirure des ligaments et du ménisque), on s’est demandé s’il remarcherait un jour. C’est assez incroyable et même prenant de voir Armand skier à nouveau comme il le fait aujourd’hui. A l’hôpital, le chirurgien le surnomme d’ailleurs “le miraculé” ! »

Un miraculé qui, en février, a forcément dû laisser se dérouler les JO de PyeongChang sans lui. Il reconnaît qu’il a eu une pointe de déception « de très courte durée » mais qu’il s’est vite braqué vers les suivants, à Pékin, en 2022, où il veut aller « pour un résultat, pas pour la veste officielle ou une photo sur Instagram ».

« SANS SOUTIEN FINANCIER, ON ARRÊTE… »

Une période qu’il a pu gérer sans stress grâce au soutien indéfectible de sa fédération, de l’Adeps et du COIB « qui ont continué à croire en moi ». « Le ski est un sport qui coûte. Quand on ne te soutient plus, quand le financier ne suit pas, on arrête… » Grâce à l’entourage des siens, aussi, qu’il a « redécouverts » en étant forcé de rester à la maison, à Thimister, plutôt que de séjourner près des sommets.

D'un article de PHILIPPE VANDE WEYER dans LA MEUSE VERVIERS du 14 décembre 2018.

Au niveau privé, nous avons appris le décès de la grand-maman d'Armand Marchant, Mme Armand Marchant-Hanssen.

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