L’Aubeloise Marika Boulanger incarne une nouvelle manière d’arbitrer

La Liégeoise Marika Boulanger a connu tous les honneurs la saison passée avec le titre d’arbitre belge de l’année en volley-ball. Une reconnaissance de ses pairs qui lui a fait un immense plaisir comme le prix Nanesse décerné parla Province de Liège.

« Honnêtement, c’était une vraie surprise même si vous savez que votre « travail» est apprécié et que vous en avez la preuve par les désignations, qu’elles soient nationales ou internationales. Être reconnu par sa fédération, ses clubs et ses collègues ne peut laisser indifférente », avoue Marika Boulanger, l’un de nos meilleurs sifflets depuis longtemps maintenant. Joueuse relativement modeste, Marika s’est lancée très vite dans l’arbitrage. « Pas par compensation parce que j’atteignais mes limites au niveau sportif, pas avec l’ambition d’arriver là où je suis arrivée. Non, parce que j’y trouve beaucoup de plaisir et que dans notre sport, l’arbitre est une composante essentielle. En fait arbitrer est devenu une passion »

Une passion qu’elle a la chance de partager avec son mari, Eric Humblet, qui lui a joué en ligue A puis est devenu entraîneur (notamment des filles de Thimister) et arbitre. « C’est plus facile d’avoir cette passion en commun, on se comprend mieux, on comprend également mieux les absences de l’autre. Il nous arrive même d’être désignés ensemble», nous dit-elle. Dans ce cas Marika est sur la chaise et Eric juge de ligne car leur niveau en arbitrage n’est pas le même. « Normal car Eric a commencé plus tard". Cela signifie donc qu’il faut démarrer jeune ? « Oui, je crois que c’est idéal et la valeur n’attend pas le nombre des années quand je vois la qualité de certains. Arbitrer cela s’apprend et cela se sent également, il y a une manière de faire qui va amener de la confiance ou de la défiance. Le rôle de l’arbitre change beaucoup»

MATCHES INTERNATIONAUX
En quoi? «L’arbitre aujourd’hui n’est plus celle ou celui qui sanctionne sans état d’âme, ce n’est plus l’Autorité avec un grand A, non le rôle est devenu plus psychologique, c’est devenu une fonction de communication », explique Marika qui revient de Finlande où elle a sifflé des hommes et l’équipe de Finlande contre la Roumanie dans le cadre des qualifications pour le championnat d’Europe. « Le capitaine de la Finlande a joué à Roulers, on se connaît bien et cela facilite les choses car il y a du respect, on sait qu’il n’y aura pas de rouspétances intempestives de sa part et que je puis écouter une remarque. Au fond, aujourd’hui un arbitre est content de lui quand on ne parle pas de lui car il est au service du spectacle et des joueuses et joueurs »

Sa passion, Marika veut également la transmettre. « On vient de lancer des cours en ligne et on vient d’accueillir deux jeunes candidats que l’on va accompagner, c’est génial» Se rêve-t-elle aux JO de Tokyo? « Vous savez il y a un ranking et si on y monte lentement, on redescend très vite. J’ai des collègues néerlandophones, notamment, franchement au top »

PHILIPPE HALLEUX dans LA MEUSE VERVIERS du 14 septembre 2018.

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