12.000 arbres aux pommes à chair rouge

La cidrerie Stassen, désormais intégrée au groupe Heineken, voit son avenir en rosé. Avec un cheval de bataille qui trace son chemin : la pomme rouge, de variété Geneva qui, comme son nom ne l’indique pas, est originaire du Québec. C’est là que des responsables de la cidrerie aubeloise l’ont découverte voici quelques années. Et depuis, le département recherche et développement du cidrier aubelois s’escrime à en faire un fer de lance de sa production. Ce qui amène Alexandre Renerken, le chargé de communication de la cidrerie, à prédire que dans les mois prochains, on pourrait assister à « une belle révolution de la pomme rouge ».

Avantage de ce fruit à pelure mais aussi à chair quasi écarlate : pas besoin de colorant pour en tirer une boisson rosée. À l’heure où l’on réclame plus de produits naturels, le consommateur est demandeur. D’où des projets à Capture d’écran 2018-01-16 à 09.49.50.pngl’ampleur allant croissant. « On plantera plus de 12.000 de ces arbres cet hiver en province de Liège », explique Alexandre Renerken.

Ces pommiers ont poussé deux ou trois ans dans un verger proche de la cidrerie. Mais désormais, fini de prendre racine dans la « nursery » située à deux pas de la cidrerie : les jeunes arbres doivent être transférés, en vue de produire du fruit, dans des étendues plus vastes, notamment à Meeffe (Wasseiges) et à FexheSlins (Juprelle), mais aussi à Aubel, dans des vergers dont les exploitants sont sous contrat pour une vingtaine d’années avec la cidrerie. Avec l’avantage pour le fruiticulteur de pouvoir bénéficier d’un prix au kilo garanti. Un win-win qui devrait être une affaire juteuse pour la cidrerie et ses fournisseurs. D’autant que le cidre rosé qu’on tire de ces pommes rouges a un goût fin qui se rapproche de celui du cava, du prosecco ou des champagnes rosés. Avec un degré d’alcool de 7,4 %, une robe agréable et un prix abordable, entre 5,5 et 6 €. Pour autant, le millésime 2017 du « Cidre Stassen cuvée rosée » n’aura guère été satisfaisant pour nos fruiticulteurs wallons. À cause du gel lors de la floraison, la production de fruits rouges du sud de la Belgique n’a atteint que 4 tonnes, contre 40 en 2016. Ce qui a nécessité de recourir à des fruits rouges d’autres fournisseurs, belges ou néerlandais. Mais dans le futur, chez Stassen, la volonté est de contrôler l’ensemble de la chaîne, du fruiticulteur sous contrat à la vente. 

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 16 janvier 2018

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