Johnny a joué au kicker avec des marchands de cochons chez Clémentine

UN CONCERT QUI AVAIT LAISSÉ UN TROU DANS LA CAISSE

Johnny Hallyday avait créé la sensation en 1967 en étant annoncé comme la vedette du gala des jeunes organisé par la Société royale Saint-Hubert, le 21 juillet.

Pour accueillir le chanteur, les membres de l’association avaient convenu qu’Albert Esser l’attendrait dans le premier café à l’entrée du village. Soit au Vieil Aubel, dans leur esprit. Mais le rocker était venu par un autre côté et s’était arrêté rue Tisman, au café doublé d’un pesage des cochons, chez Clémentine. Un bistrot qui a été remplacé par le restaurant Les filles d’Hortense.

Ne voyant rien venir, Johnny s’est amusé à jouer au kicker, avec Gustave, le fils de la patronne, raconte Joupi Bloemen, un ancien de Saint-Hubert. Des marchands de porcs, qui n’avaient pas reconnu l’artiste, avaient aussi pris part à la partie. Puis le chanteur a dédicacé le kicker.

 

UN CACHET DE 180.000 FRANCS

Christian Willems, autre ancien de Saint-Hubert, se souvient du concert. « Il avait un excellent orchestre », qui avait joué une dizaine de minutes avant qu’il monte sur scène. « Après le concert, il a demandé où on pouvait s’amuser dans la région et on lui a répondu qu’il n’y avait guère que Liège », se souvient l’Aubelois. Le cachet, dont ont conservé le souvenir les comptes de la société, devait être de 180.000 francs (soit 38.000€ actuels, en tenant compte de l’inflation).

Le chapiteau de 2.000 places qui devait abriter le concert avait été monté sur le terrain d’entraînement du club de foot local, explique Clément Beckers, autre ancien de la société. Celui-ci, avec l’aide de Gérard Roebroeks, avait barricadé de grillages un couloir allant du chapiteau au vestiaire, « comme s’il s’agissait d’un dangereux individu ». Malheureusement, l’engouement aurait été moindre qu’espéré. « Ce soir-là, selon Clément Beckers, ils ont fait environ 770 entrées, trop peu pour les investissements. D’ailleurs, durant la journée, la société avait décidé de renvoyer les garçons de café qu’elle avait engagés pour le service. » Les membres prirent leur place afin de limiter le déficit. Heureusement, le mardi, un autre concert, de Robert Cogoi, vedette belge de l’époque qui avait défendu nos couleurs à l’Eurovision en 1964, allait permettre de rééquilibrer la barre.

TROIS GROSSES FAUTESCapture d’écran 2017-12-07 à 09.59.42.png

Malgré ce flop au niveau de l’assistance, au concert de Johnny, il avait dû y avoir de l’ambiance car, se remémore Christian Willems, certains avaient dansé sur les tables en métal, dont certaines avaient cédé sous le poids.

Du concert de celui qui était considéré comme l’idole des jeunes à l’époque, on a conservé la banderole annonçant l’événement. Une annonce qui comportera trois fautes dans les noms ! L’orchestre, Les Chahuteurs, était écrit avec deux « t » au lieu d’un. Plus grave : Johnny Hallyday était devenu « Jhonny Halliday ».

Tiens, le bourgmestre, Jean-Claude Meurens, qui allait paraître en mesure de se lancer dans une carrière de chanteur, était-il dans la foule, lors du concert ? Il ne s’en souvient pas. Par contre, par la suite, il a interprété plusieurs morceaux du rocker sur scène. Dont « Oh ! Ma jolie Sarah ». De Johnny, « je retiendrai l’image de rocker au grand cœur », confie-t-il.

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 7 décembre 2017

Commentaires

  • C'est une belle anecdote. Mon père racontait aussi que Sylvie Vartan avait tél au bourgmestre Albert Baltus pour parler à son Johnny (il avait certainement coupé son gsm :) ) ! Je pense que Clément Beckers devrait s'en souvenir.

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