BIENTÔT LA RENTREE SCOLAIRE !!!!!!!!

Réflexions d'un enseignant retraité.

Réfléchir à la rentrée scolaire , c’est d’actualité, c’est envisager ce temps fort de l’année sous ses multiples facettes : l’élève, le doublement, les référentiels, les documents  officiels, l’école aujourd’hui, les parents, l’enseignant, l’équipe, la direction, les différents  passages (famille-gardienne-crèche-maternelle- primaire-secondaire). L’école reste une  institution complexe.

Cernons quelques pièces, quelques composantes  de cette institution.

Pensons d’abord aux  parents concernés et notamment les parents des élèves  qui franchissent ces nouveaux  passages.

  • L’entrée à l’école maternelle, le passage du maternel au primaire
  • Le passage du primaire au secondaire

Quelles attitudes avoir de la  part des  parents ?

  • Tout passage d’un niveau à un autre ( de 3° maternelle à la  première année  primaire) est pour  l’enfant une « RUPTURE » par rapport à son vécu passé. Pour  la  plupart des élèves, cette rupture s’accompagne de pleurs, de gestes brusques, de cris car il est devant  l’inconnu. Ces signes sont surtout remarqués lors de l’entrée à l’école maternelle.
  • A 12 ans, le passage du primaire au secondaire  est souvent source de stress, d’émotions qui s’expriment d’une autre manière qu’à 2 ½-3 ans.

Le ressenti se traduit intérieurement.

  • Pour aider l’élève à vivre cette rupture positivement, ses parents  peuvent apporter leur aide. Parents, comment  présentez-vous l’école  à votre enfant  qui va vivre cette rupture : 3° maternelle-première  primaire ? Plusieurs réponses sont  possibles : des vacances d’été trop longues, des enfants qui franchissent  la barrière de  l’ennui, qui énervent  leur entourage, et l’on entend ce genre de réaction : » Attends la rentrée, tu verras, à l’école tu devras obéir, tu ne  pourras plus  montrer ta mauvaise  humeur, si tu n’es pas sage, Mr. Ou Mme X te punira.

Quelle  image de  l’école  l’enfant aura-t-il avant  la rentrée ? Pour  lui, l’école c’est le  lieu où l’on punit. C’est ce qu’il aura retenu.

  • Une autre présentation de  l’école : Papa et/ou maman accompagnent le futur élève de première année pour  l’achat du matériel scolaire nécessaire. Le discours du papa et/ ou de la  maman se traduit en des termes élogieux , réjouissants d’admiration devant  ces objets scolaires  Les choix se feront dans un échange entre l’enfant et papa et/ou maman.

Les désirs de  l’enfant ne seront  pas  toujours satisfaits. L’enfant  pourrait entendre ce genre de discours : » Tous  les  objets achetés ensemble  vont  t’aider à apprendre  à lire, à écrire, à calculer . Tu deviendras  un grand garçon, une grande fille . Tu sauras lire comme  papa et  maman, ton grand frère, ta grande sœur, sur  l’écran T.V.. Tu sauras écrire comme ta grande sœur, . En première année , tu apprendras  à mieux écouter, à regarder, à observer. Tu retrouveras tes copains de  3° maternelle ou de  nouveaux copains. C’est madame ou monsieur qui vont t’apprendre tout ce qui te sera  nécessaire  pour grandir, pour devenir  un homme  ou une femme qui saura se débrouiller dans  la vie. C’est cela  l’école, c’est cela  la  première année  primaire  avec un maître ou une  maîtresse qui t’accompagnera. L’école c’est l’endroit où tu apprendras à grandir avec les autres.

Tenir pareil discours de  la  part des parents, c’est aider l’enfant à se représenter l’école qui l’attend par une  image  positive.

Autre situation où l’influence des parents a son importance. C’est l’entrée en classe d’accueil, dans une autre année de  maternelle, entrer à l’école pour la  première fois. Choisir le  jour de la rentrée pour franchir l’école  pour  la  première fois n’est pas le  jour  idéal. Car c’est à nouveau une rupture que  l’enfant et les  parents doivent vivre. Il est préférable d’y aller  progressivement c’est-à-dire conduire  l’enfant dans sa future classe par petites doses  , de courte durée, lui permettre de découvrir son nouveau monde, ce qu’il voit, ce qu’il entend. Répéter cette découverte plusieurs fois avant  l’entrée définitive. L’enseignante préparera les autres enfants à accueillir le  petit  nouveau.

 

Une autre démarche peut aider l’enfant  à passer ce pont entre la 3° maternelle et la  première primaire. Il s’agit d’organiser des activités communes entre  les enfants des deux classes. Ainsi les élèves de 3° maternelle découvriront leur futur maître ou future maîtresse, le  local de  première année où ils découvriront tout ce que  les élèves de 1ère apprennent. L’instituteur ou l’institutrice de  3° maternelle sera content(e) de revoir  ses anciens élèves ainsi que  leurs progrès réalisés.

Autre manière encore : permettre  à l’enseignant(e)    de  1ère année de de travailler quelques fois en 3° maternelle afin de faire connaissance avec ses futurs élèves et la manière dont  les élèves apprennent en maternelle.

L’inverse est vrai aussi, l’institutrice de 3° maternelle anime quelques activités  en 1ère primaire  pour  mieux se rendre compte de ce qui s’y passe. Elle  peut être aidée mais  il n’est pas question de transformer  la  3° maternelle en 1ère  primaire.

 

En fin d’école  primaire, la rupture est aussi importante  entre le  primaire et le début du secondaire , à des degrés différents selon les  personnalités des élèves de 6° primaire. Les titulaires de 6° primaire sont conscients qu’ils doivent  préparer leurs élèves à franchir le cap du secondaire.

Comment ?

  • La manière de tenir son journal de classe
  • La manière d’organiser son temps de travail , de  loisirs, le respect des échéances pour rentrer  leurs travaux.
  • Gérer le temps lorsque les devoirs sont donnés en une fois. A l’élève de s’arranger pour effectuer les travaux dans le laps de temps exigé.
  • Préparer des élocutions
  • S’autoévaluer
  • Participer activement aux travaux de groupes
  • Apprendre à rédiger une fiche de lecture à partir d’un livre lu.
  • Favoriser l’étude de mémoire et sa rigueur
  • Différencier le savoir lire , le savoir parler et le savoir écrire, c’est différent.
  • Savoir caractériser les différent types de textes : lettre, annonce, mode d’emploi, texte informatif …
  • Pourquoi un prof de première secondaire ne  passerait-il pas quelques moments en 6° primaire pour découvrir l’ambiance d’une classe de 6°, les caractéristiques des élèves  âgés de 12 ans, leur  manière de réagir, la variété des activités proposées, la  manière de faire apprendre…

L’inverse pourrait se faire aussi : permettre au titulaire, à la titulaire de 6°primaire de passer quelques  moments dans  une classe de 1ère secondaire pour  les  mêmes observations.

 

Après avoir cerné la  place de  l’enfant lors de certains  passages , envisageons le rôle et  la  place de l’enseignant (e) comme  aide aux enfants.

Les constats exprimés par les évaluations externes de notre enseignement  lors des  épreuves externes d’évaluation montrent que  notre enseignement en région wallonne laisse  à désirer.

Il a fallu 50 ans (depuis  1961) pour qu’un ministre propose un premier  pas vers le changement. Ce  premier  pas n’a pas été  suivi par  un 2°.

Nous sommes en 2017. Depuis deux ans, des commissions composées de tous  les acteurs directs  ou indirects de l’école s’attachent à étudier des pistes pour rendre  notre enseignement  plus efficace à partir de  sujets  précis(ex : commission des rythmes scolaires, vacances, journée scolaire)

Cette mise en place de différentes commissions s’inscrivent dans  le  projet : »Pour  un pacte d’excellence de notre enseignement. ».Mais  la crise  politique actuelle laisse de nombreuses interrogations pour  la  poursuite du travail.

Durant ces 50 années, des enseignants ont tenté des essais de changement  mais , très vite, ils se sont découragés parce que non formés et aussi par une  prise de conscience de la nécessité de travailler en équipe pour changer.  Travailler en équipe éducative d’école ‘être tous d’accord sur  les  objectifs  à poursuive, les valeurs  à défendre . Pour les équipes éducatives plus  petites (2 à 3 enseignants) il s’agissait de  se mettre d’accord sur  le « Comment faire pour… » Là aussi , des difficultés ont émergé et ont fait que ce projet est resté dans  les tiroirs.

Le caractère  individuel du métier d’enseignant occupe encore une  place dans  le titulariat d’une classe mais a complètement disparu lorsqu’il s’agit d’entreprendre des réflexions, des manières  de faire, de s’organiser, d’introduire des  pratiques  pédagogiques  nouvelles, c’est l’équipe qui occupe  toute la place.

 

J’ai trouvé  un texte qui a  pour titre : » LE BON SENS DE L’OIE.

Les oies sauvages, à l’approche de  l’hiver, s’envolent vers  le Sud. Le coup d’aile de chacun crée un déplacement d’air vers le  haut pour  l’oiseau placé derrière  lui. En adoptant la formation  en « V » , la volée dans son ensemble a augmenté son autonomie de vole d’au moins 71 % par rapport à un oiseau volant seul. Lorsqu’une  oie  se détache de  la  formation, elle  perçoit tout de suite la résistance aérodynamique qu’elle éprouve en volant seule. Aussi, se remet-elle rapidement en formation pour  profiter de  la  poussée d’air  de l’oie qui est devant elle.

 

Lorsque l’oie qui est en tête est fatiguée, elle se déplace vers l’arrière et laisse une autre prendre son poste de guide.

 

Les oies de queue crient  pour encourager  celle de devant  à maintenir leur rapidité. Enfin, lorsqu’une oie tombe  malade ou est blessée par un coup de fusil et qu’elle quitte  la formation, deux autres oies sortent  en même temps qu’elle et la suivent pour  lui porter aide et protection. Elles restent  avec l’oie tombée tant qu’elle n’est pas en mesure de voler ou jusqu’à ce qu’elle meurt. Alors seulement elles s’élancent ensemble ,ou bien avec une autre formation pour rejoindre à nouveau le groupe.

(D’après un texte anonyme trouvé sur  le web).

 

Au sein d’une école qui réfléchit sur  le « comment »  construire une équipe éducative », comment travailler en équipe, il me semble que  le texte écrit ci-dessus n’apportera pas toutes les solutions mais sera l’occasion de chercher dans  ce texte les éléments intéressants qui serviront la réflexion entamée  par  les enseignants.

 

La rentrée scolaire est  proche pour  les directions et  les enseignants  déjà au travail pour  préparer la  rentrée, pour les enfants, les adolescents , y compris  les  parents, les  habitudes vacancières devront bientôt être remises aux vacances suivantes.

Je vous souhaite , à tous et  à toutes, une  heureuse rentrée vécue dans  la  joie et la sérénité.

La clé du succès c’est de savoir établir des  liens clairs, transparents, invitant chaque acteur à être actif  là où il est.

A quelques  jours de  la rentrée, j’ai voulu m’attacher à cerner les différents  passages clés de l’itinéraire scolaire de  chaque enfant. Comment  l’aider à effectuer ces passages d’une  manière la  plus  harmonieuse  possible ?. Prendre  un bon départ rend  la vie scolaire  plus  plaisante  sans pour cela négliger des facteurs qui aident à la réussite : acquérir  le goût de  l’effort, la volonté de bien faire, la résistance au découragement.

                                                                        Un enseignant retraité.

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