Une agence intérim au CPAS d'Aubel

Ce lundi soir, lors du conseil communal d’Aubel, le président du CPAS Léon Stassen a évoqué l’installation d’une agence intérim aubeloise. Début de l’année prochaine, le CPAS préviendra donc les entreprises aubeloises qu’il y a des personnes disponibles au sein de la commune.

« Après diverses réunions avec le Mirev, mission régionale pour l’insertion de l’emploi, on a remarqué que les grandes firmes ou même les plus petites allaient toujours vers l’Onem ou le Forem lorsqu’elles cherchaient un nouveau travailleur », explique Léon Stassen, président du CPAS. « C’est à ce moment-là que l’on s’est dit, pourquoi, ici, au niveau du CPAS, on ne ferait pas une sorte d’agence intérim pour aider nos bénéficiaires », poursuit-il.

 

Après concertation avec le comité, la machine est d’ores et déjà lancée. « Début de l’année pro- chaine, nous allons envoyer, à toutes les entreprises aubeloises, les différentes modalités. Si elles veulent engager une personne, pourquoi faut-il toujours qu’elles aient voir ailleurs alors que nous, au niveau du CPAS, nous avons quand même certaines personnes qui recherchent du travail. Et si même elles sont déjà inscrites à la maison de l’emploi, elles sont peut-être moins favorisées car on ne sait peut-être pas qu’elles viennent d’Aubel. »

 

Le CPAS veut ainsi tout mettre en œuvre pour « donner de la valeur à ceux qui le méritent ». Car les instances actuelles ne répondent pas toujours aux attentes. « Je suis allé à une réunion sur la psy- chologie du travail où il y avait plu- sieurs experts qui ont fait des re- cherches sur la réinsertion au tra- vail. Ils ont trouvé que le Forem, dans les trois années de recherche, ne s’occupait pas assez des per- sonnes en réinsertion. Elles ne sont pas assez considérées. Ce n’est pas assez performant », ajoute le président.

Grâce au CPAS, par contre, le sui- vi pourra et sera constant. « Un simple exemple, la plupart d’entre eux n’ont aucun moyen de locomotion. Nous savons les aider. » Cette nouvelle agence au cœur du CPAS nécessite tout de même quelques règles. « Les travailleurs que nous aiderons devront bénéficier d’une aide sociale ou d’un revenu d’intégration. » Du côté des patrons, on peut également dresser quelques avantages. Pour les articles 60, le CPAS aidera l’entreprise via une exonération de cotisation patronale, d’une subvention ainsi qu’une aide aux revenus.

Le secteur privé peut aussi être concerné. « Dans ce cas, ce sont les articles 61. Cela veut dire, engager une personne bénéficiaire d’un revenu d’intégration ou d’une aide financière équivalente accordée par le CPAS. Il faut que l’entreprise privée embauche les travailleurs en CDI ou CDD à temps plein ou minimum 35 heures par semaine et il faut que l’entreprise désigne un tuteur au sein de l’entreprise afin d’encadrer la personne durant une période déterminée. » Les avantages résident en une prime de tutorat à hauteur de 250 euros par mois pour un temps partiel durant 12 mois maximum.

 

Ce n’est pas la première fois que la commune d’Aubel tente ce genre d’initiative. La dernière avait déjà porté ses fruits.

Pour le président du CPAS, aucune concurrence n’est à craindre. À bien plus grande échelle, la maison d’insertion du CPAS de Verviers, désormais installée à Ensival, propose la même démarche. Reste à voir, maintenant, si les entreprises aubeloises emboîteront le pas. 

MARYSE BAGUETTE dans LA MEUSE VERVIERS du 14 décembre 2016

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