La colère après le 3e acquittement d’Yves Hody

La famille de Manuel Maroquin est unanime

La justice a tranché ! Après cinq procès devant la Cour d’assises, Yves Hody est acquitté pour la troisième fois. Il n’a donc pas commandité l’assassinat de Manuel Maroquin, dans la nuit du 7 au 8 mars 2005, à Xhendremael (Ans). Dewitte est lui aussi acquitté par la Cours d’assises du Luxembourg.

Les votes ont été serrés. Concernant la question de la culpabilité de Hody, un résultat de sept votes contre cinq s’était dégagé au sein du jury qui estimait donc Yves Hody « coupable ». Comme le veut la procédure, les trois magistrats professionnels de la cour ont été amenés à se retirer et se sont ralliés à la minorité du jury, estimant qu’il existait un doute devant être favorable à Yves Hody. C’était donc un acquittement pour le Verviétois. Joëlle Rahier, la veuve de manuel Maroquin, était en colère. « Je n’ai pas encore trouvé la force de l’annoncer à mon fils », lance-t-elle. « Je vais le faire ce soir (NDLR : jeudi). La justice a décidé que Hody n’avait rien fait, c’est un peu se foutre de notre tête. Mon fils et moi avons laissé 12 ans de notre vie et le prix d’une maison en frais d’avocats. Et tout cela pour ça… Je n’avais même plus les moyens d’être représentée par un avocat pour ce dernier procès au Luxembourg. Alors, oui, c’est de la colère que je ressens aujourd’hui. »

DES PARENTS ABATTUS

Du côté des parents de Manuel Maroquin, la tristesse et l’émotion avaient du mal à masquer une colère bien présente. « Le jury ne s’était pas trompé, sept des douze membres estimaient Hody coupable », explique Adrienne Gerin, la maman de Manu. « Mais les magistrats, qui disent connaître ce dossier sur le bout des doigts, ont fait pencher la balance de l’autre côté. À cause de leurs trois votes, la situation s’est renversée et le résultat est devenu 7-8. En 10 secondes, mon fils a été assassiné dans son allée de garage. Ce sont les magistrats qui ont acquitté Hody. Je m’interroge. Mon mari et moi sommes écœurés, c’est le cinquième procès auquel nous assistons. »

UN FILS SANS SON PAPA

Les jours qui viennent vont, évidemment, être douloureux pour Adrienne et Jean-Paul Maroquin qui comprennent bien que c’était la toute dernière chance d’obtenir la condamnation d’Yves Hody. Maxime, le fils de Manuel Maroquin et de Joëlle Rahier, avait 4 ans lorsque son papa a été exécuté. Il est devenu adolescent et s’est construit sans son père. Le jeune homme aura bientôt 16 ans et dans ses traits, Adrienne et Jean-Paul voient leur fils, Manuel. « C’est lui tout craché », poursuit Adrienne. « Lorsque je le regarde, je vois Manu. Dès fois, il m’arrive même de l’appeler Manu… » 

ARNAUD BISSCHOP dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 2 décembre 2016

Son avocat

« Pendant la lecture de l’arrêt, Yves Hody a craqué »

Capture d’écran 2016-12-02 à 08.21.22.png

Me Michel Bouchat, l’avocat du Jalhaytois Yves Hody, estime que le marathon des procès le visant est désormais terminé : « C’est un arrêt qui est bétonné », souligne-t-il. L’avocat, qui, dans le cadre de l’affaire Habran, avait déjà obtenu l’acquittement de Pepe Rosato, notamment, ne voit guère de possibilité d’interjeter appel : « Je ne vois pas sur base de quoi on pourrait encore casser l’arrêt ».

Le résultat de 3h45 de plaidoiries et de l’avis des trois magistrats professionnels qui se sont ralliés à l’opinion d’une minorité des jurés, faisant ainsi pencher la balance en faveur d’Yves Hody.

Me Bouchat précise : « Mon client est acquitté, purement et simplement. Pas au bénéfice du doute. Il est non coupable ». Au-delà de ce résultat serré, Me Bouchat relève l’importance de la motivation de l’arrêt, « qui correspond à notre argumentation ».

Comment a réagi son client ? « Pendant la lecture de l’arrêt, il a craqué. Un homme de 61 ans en larmes, ça vaut tous les discours. Il avait été arrêté en mars 2005, puis remis en liberté en mars 2006. Et depuis dix ans et demi, il attendait. Il va pouvoir redémarrer maintenant. Cette affaire est derrière lui ». 

Y.B.

Commentaires

  • Je tiens à saluer l'acquittement légitime et logique d'Hugues Dewit et d'Yves Hody après 11 longues années de procédures, de procès à la 6-4-2, et de déblatérations foireuses, voire de calomnie, de la part d'une certaine (Sud)presse qui ne mérite aucun respect, et pour qui la présomption d'innocence d'un accusé ne fait visiblement pas partie de son éthique journalistique (de même que l'exactitude de ses renseignements, sa syntaxe et son orthographe, soit-dit-en passant). Cette presse qui est si prompte à désigner des criminels uniquement par leurs initiales après leur condamnation ( par lâcheté?), mais qui n'a jamais hésité dès le début de l'affaire en 2005 à citer nommément Mrs Dewit et Hody comme responsables de l'assassinat de Manuel Maroquin, sans aucune pensée à l'égard de leurs familles, spécialement Ergika, la compagne d'Yves Hody, et leur fils Sacha, qui n'avait que 7 ans à l'époque et qui a dû souffrir de l'absence d'un père (illégitimement) emprisonné en détention préventive pendant 15 mois suite à l'acharnement d'une juge d'instruction ( Mme Danièle Reynders, pour ne pas la citer... mais je le fais quand même parce qu'elle ne mérite pas mieux. Oui, oui, la soeur de "l'autre"!).
    J'en sais d'autant plus que j'ai été cité 4 fois à comparaître au(x) procès en tant que témoin de moralité d'Yves Hody, étant à l'époque des faits très proche de lui et sa famille. Pendant toute sa détention mon épouse et moi avons conduit et ramené son fils Sacha de l'école, qui était dans la classe de mon fils. Nous avions alors des liens très étroits, et en 2006, après sa libération de préventive, nous nous sommes même retrouvés en vacances ensembles. C'est là que Yves m'a expliqué toute cette pénible affaire, telle que les faits ont été établis et prouvés lors des procès, et je n'ai jamais douté de son innocence depuis. Je m'étonne juste du peu de mention, surtout dans cette fameuse (Sud)presse toujours si bien informée, de l'associé d'Yves Hody dans cette histoire de site industriel à Engis, le dénommé J.P. Vieslet ( Jean-Pierre ou Jean-Paul, Yves m'en avait parlé à l'époque, je n'ai pas bien retenu son prénom): c'est quand même lui qui avait engagé Manuel Maroquin pour intimider Yves Hody, voire faire pire, et qui est à l'origine de toute cette tragédie. La victime n'était effectivement pas un enfant de choeur: lors du procès Habran en novembre 2008, la propre compagne de Manuel Maroquin a déclaré aux inspecteurs qu'il avait exécuté en 2003 à Boncelles un certain Serge Pierrin, autre tueur connu du milieu du grand banditisme liégeois. On est bien loin du pays des Bisounours, n'en déplaise à la famille de la victime! Bien que je témoigne toute ma compassion envers son fils, si jeune à l'époque, et tellement innocent des "erreurs" des adultes.
    J'ajoute pour terminer que si effectivement Yves Hody n'a pas toujours été très clean au niveau de ses affaires professionnelles, je n'ai jamais vu une arme ni une paire de menottes dans sa voiture!
    Bon futur à tous les deux.... et n'oubliez pas de réclamer des dommages pour les préjudices subis, surtout à l'Etat et à la (l'in?)Justice.
    Thierry Picquot
    PS: je ne suis pas venu à l'audience du 25/11 à Arlon, c'était peut-être préférable ;)

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel