Les parents de Joe Van Holsbeeck étaient présents au procès d’assises qui se déroule à Arlon

Depuis plusieurs jours, le procès d’assises lié au meurtre de Manuel Maroquin, à Xhendremael, se déroute à Arlon. Ce lundi, les parents de la victime ont pu compter sur le soutien du Collectif des Familles d’Enfants Assassinés. Les parents de Joe Van Holsbeeck, assassiné à la gare centrale de Bruxelles, de Yohan Marcq, tué à Rossignol, ou encore de Julien Coster, mort à Thuin, étaient présents. Ils regrettent le manque de soutien aux familles de victime.

 

UN SENS À LA SOUFFRANCE

En 2004, Julien Coster, 22 ans, était lâchement assassiné à Thuin lors de la fête de Saint-Roch. En février 2006, son assassin était condamné à huit ans de prison aux assises de Mons. Après ce drame, les parents de Julien avaient été contactés par le père d’Allison Cambier, 15 ans, assassinée à Gerpinnes par Thierry Jaradin, son voisin, en novembre 2001. « Il a voulu nous expliquer ce à quoi nous devions nous attendre », explique Betty Coster-Lievin, la maman de Julien. « Ce contact nous a fait du bien. Après le procès, nous nous sommes dit que nous pouvions également aider les autres parents et nous avons lancé le Collectif des Familles d’Enfants Assassinés. » L’objectif de cette ASBL est de donner un sens à leurs souffrances. « Chaque fois qu’un drame se déroule, nous essayons d’entrer en contact avec les parents de la victime pour leur proposer notre aide. »

Quelques jours après le meurtre de Joe Van Holsbeeck, 17 ans assassiné en avril 2006 pour son lecteur MP3 à la gare centrale de Bruxelles, le collectif avait pris contact avec ses parents. Présente à Arlon, Françoise de Roy, la maman de Joe, évoque son sentiment de solitude face à la justice. « Nous avons appris le meurtre de notre fils par un bête coup de téléphone », explique-t- elle. « Notre interlocuteur n’a pas pris de gants. Lorsqu’un drame survient comme des attentats, une cellule psychologique est mise en place. C’est loin d’être le cas lorsque c’est un drame individuel »

Nouvelle difficulté pour les parents, la correctionnalisation de certaines affaires. « C’est un fardeau ! », réagit la mère de Julien Coster. « La cour d’assises, c’est une institution. C’est une reconnaissance. Pour une famille, c’est très éprouvant mais cela nous permet d’être directement fixés sur la peine. En parlant de peine, nous ne sommes pas dans un trip de vengeance. Nous sommes plus pour des peines pédagogiques. » Grâce à leur collectif, les parents ont déjà obtenu quelques avancées.

CHOQUANT !

« Depuis quelques années, les parties civiles peuvent prendre place à côté de leur avocat. En 2013, nous avons envoyé une lettre à tous les politiques de Belgique. Nous n’avons reçu que 30 % de réponses et c’était des lettres types. Nous étions profondément choqués. Depuis, les portes commencent à s’ouvrir. Nous commençons à être pris au sérieux. » 

SYLVAIN COTMAN dans LA MEUSE du 29 novembre 2016

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