Carnaval: un char « Je suis Charlie »

 

AUBEL/LA CALAMINE – CORTÈGE 

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Malgré l’interdiction d’allusions djihadistes au carnaval, un groupe évoquera Charlie Hebdo

Les organisateurs de cortèges carnavalesques et les maïeurs des communes où ils s’ébranleront marchent sur des œufs. Pas question de verser dans une satire du djihadisme, ni de critiquer la religion musulmane. Ce qui ne devrait pas empêcher un groupe calaminois d’évoquer le thème « Je suis Charlie ». Mais pas de manière provocante, annonce son concepteur...

Dans de nombreux cortèges, toute allusion au djihadisme se- ra interdite. Ce sera aussi le cas à La Calamine. Mais au pro- gramme du défilé figure quand même un groupe intitulé « Je suis Charlie ». Défilera, défilera pas ? Cédric Hupez, organisateur du cortège, répond : « On attendra lundi. On verra les costumes et le groupe et on prendra les dispositions. Et ce sera le bourgmestre qui aura le dernier mot, un quart d’heure avant le début du dossier ».

Marc François, l’Aubelois animateur du petit groupe, est un peu étonné que cela intéresse les médias. Tout en refusant de dévoiler son idée, il souligne qu’il n’y aura dans son groupe aucune référence au djihadisme, aux armes ou à l’islam. « On est dans la tradition carna- valiste. On se réfère aux origines du carnaval rhénan : c’est une parodie, une critique humoristique qui vise le pouvoir. Et ça, c’est dans le sens de Charlie Hebdo. Notre carnaval va dans le sens d’une mise en avant des thèmes sociaux, politiques... » Il ajoute : « Le carnaval, c’est une période où on a le droit de s’ex- primer sans être violent, ni agressif, dans l’humour. Et dans ce sens, je m’identifie au fait que tout vrai carnavaliste est Char- lie ».

AU ROSENMONTAG DEPUIS 44 ANS

Titiller en tablant sur l’hu- mour, Marc François sait ce que c’est : il décline le clin d’œil et la parodie depuis 44 ans au Rosenmontag.

« J’ai toujours eu des idées origi- nales. Ici, ce sera un humour mondial. » Des rôles proches de ceux du théâtre de rue. La preuve : Marc François a déjà participé au fameux festival de Chassepierre, dédié à ce type d’expression artistique, par le passé...

« Nous ne voulons pas de chars avec des motifs provocants, anti- islamistes ou des caricatures de Mahomet », avait prévenu le bourgmestre de La Calamine. « L’important, c’est de garder le folklore et de ne pas tomber dans la psychose. » Il a eu un contact avec Marc François et en a conclu, après avoir été mis au courant du projet, qu’il n’y avait rien de « provocant, sinon je l’aurais interdit. Ce n’est pas vexant et il n’y a aucun lien avec le djihadisme ».

Un article d'YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 7 février 2015.

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